La culture de jeunes plants de kaki est une activité agricole très rentable, à condition de choisir la bonne variété, de bénéficier de conditions climatiques adaptées et d'effectuer un entretien régulier. Le kaki, aussi appelé fruit du paradis, est apprécié aussi bien frais que séché . Pour créer un verger florissant, il est essentiel de maîtriser toutes les étapes, de la préparation du sol à la taille, en passant par l'irrigation et la multiplication.

Dans des conditions optimales, les plaqueminiers produisent des fruits pendant de nombreuses années. Toutefois, les pratiques d'entretien durant les premières années déterminent directement le développement de l'arbre et la qualité de ses fruits par la suite. Il convient donc de bien réfléchir au choix des plants, à l'espacement, au programme d'irrigation et au plan de fertilisation.

Qu'est-ce que le kaki ? Découvrons ce fruit divin.

Le plaqueminier (plaminier de Trabzon) est un arbre fruitier vivace appartenant à la famille des Ébénacées. Originaire de Chine, il s'est répandu au fil des siècles au Japon, en Corée et dans le bassin méditerranéen. En Turquie, il est largement cultivé, principalement à Trabzon et dans ses environs, ainsi que le long des côtes égéenne et de Marmara. Son surnom, « fruit du paradis », provient de son nom scientifique grec : Diospyros signifie littéralement « fruit des dieux ».

Le fruit, rond ou légèrement aplati, prend une couleur orange vif à maturité. Sa peau fine s'enlève facilement. Sa chair est sucrée et aromatique ; certaines variétés ont un cœur brun chocolat. L'arbre est à feuilles caduques, ce qui le rend assez résistant au froid malgré son appartenance à une espèce subtropicale.

Quelles sont les différentes variétés de plaqueminiers ? Laquelle choisir ?

Les variétés de kaki se divisent principalement en deux groupes : astringentes et non astringentes. Par ailleurs, les producteurs privilégient de plus en plus les variétés locales. Le choix de la variété dépend des conditions climatiques de la région, du marché visé et du mode de consommation. On privilégiera des variétés différentes pour un verger destiné à la consommation en frais et pour un verger destiné à la production de kakis séchés.

Variétés entièrement astringentes

Ces variétés provoquent une amertume prononcée en bouche lorsqu'elles sont consommées avant leur pleine maturité. Cette amertume provient de leur forte teneur en tanins. Elles mûrissent en étant laissées à température ambiante pendant quelques semaines après la récolte ou en les exposant au gel. Les variétés astringentes les plus courantes sont :

Hachiya : Variété japonaise appréciée pour ses gros fruits coniques, idéaux pour la consommation directe. Hiratanenashi : Variété aux fruits plats et larges et à la chair tendre. Saijo : Souvent privilégiée pour la production de kakis séchés en raison de ses fruits allongés et fins.

Variétés non astringentes

Ces variétés peuvent être consommées même à pleine maturité et fermes sur l'arbre. Grâce à leur faible teneur en tanins, aucun stockage n'est nécessaire. Parmi les variétés les plus connues, que l'on trouve de plus en plus dans les jardins et sur les marchés, figurent les suivantes :

Fuyu : La variété non astringente la plus répandue au monde. Douce malgré sa texture rappelant celle de la pomme, elle est idéale pour la consommation fraîche. Jiro : De texture similaire à la Fuyu, mais plus précoce. Izu : Se distingue par sa petite taille et sa précocité.

Variétés turques indigènes et enregistrées

Il existe également des variétés locales développées par les instituts de recherche agricole turcs, adaptées aux conditions régionales. Ces variétés, mieux adaptées au climat et à la structure du sol, donnent d'excellents résultats, notamment dans les régions de la mer Noire et de la mer Égée. Pour choisir la variété la plus adaptée, il est conseillé de se renseigner auprès de la Direction provinciale de l'agriculture ou des facultés d'agriculture des universités de votre province.

Conditions climatiques et pédologiques idéales

Bien que le plaqueminier soit originaire des régions subtropicales, il s'adapte à une grande variété de climats. Selon la variété, il supporte des températures comprises entre -12 et -18 °C. Il nécessite 200 à 400 heures de froid en dessous de 7 °C par an. Les gelées tardives de printemps, surtout lorsqu'elles coïncident avec la floraison, nuisent à la nouaison ; par conséquent, sa culture dans les zones basses à risque de gel doit être abordée avec prudence.

Le climat de Trabzon , caractérisé par une forte humidité et des précipitations abondantes, est très favorable à ce fruit. Cependant, une humidité excessive augmentant le risque de maladies fongiques, il convient d'aménager le verger de manière à favoriser la circulation de l'air. En Turquie, le littoral de la mer Noire, les vallées tempérées de la mer Égée et la bande côtière de la mer de Marmara figurent parmi les régions les plus propices à sa culture.

On privilégie les sols limoneux profonds, bien drainés et riches en matière organique. Le pH idéal se situe entre 6,0 et 7,5. Les sols calcaires peuvent provoquer un jaunissement des feuilles dû à une carence en fer. Les sols argileux lourds, caractérisés par une nappe phréatique élevée et une forte rétention d'eau, sont inadaptés car ils favorisent le développement du pourrissement des racines.

Guide d'irrigation et de fertilisation

Les plaqueminiers nécessitent un arrosage modéré. Les deux premières années après la plantation sont cruciales pour l'enracinement. Durant cette période, il convient d'arroser chaque semaine au printemps et en été, et une fois par mois en hiver si les précipitations sont insuffisantes. Sur les arbres adultes, il est important de maintenir une humidité du sol régulière pendant la floraison et la fructification, et d'éviter tout arrosage excessif avant la récolte, car un excès d'eau peut provoquer l'éclatement des fruits. L'irrigation goutte à goutte permet d'économiser l'eau et de réduire les risques de maladies, car elle évite de mouiller le feuillage.

Les programmes de fertilisation doivent être planifiés en fonction des résultats d'analyses du sol et des feuilles. La fertilisation azotée au printemps favorise le développement des nouvelles pousses. Les engrais phosphatés et potassiques en été améliorent la qualité des fruits et leur teneur en sucre (indice Brix). Après la récolte, l'apport de 15 à 20 kg de fumier ou de compost bien décomposé permet de maintenir l'équilibre de la matière organique du sol. Les carences en oligo-éléments tels que le fer, le zinc et le bore peuvent être corrigées par des applications d'engrais foliaires.

Techniques de taille

Le plaqueminier est une espèce vigoureuse qui, sans une taille régulière, peut développer une cime incontrôlable, privant l'arbre de lumière et réduisant la qualité des fruits. La taille de formation effectuée durant les trois premières années vise à donner à l'arbre une structure robuste. Durant cette période, on privilégie généralement une conduite en vase ouvert ou une arche modifiée.

La première année, le tronc principal est taillé à une hauteur de 80 à 100 centimètres, et 3 à 4 branches principales sont sélectionnées. La deuxième année, on favorise le développement des branches secondaires sur ces dernières, et on supprime les branches parallèles ou qui se croisent. La troisième année, l'équilibre de la cime est atteint, et la pénétration de la lumière vers les parties internes est améliorée.

Une fois que l'arbre commence à porter des fruits, la taille d'entretien annuelle s'effectue en hiver, après la chute des feuilles. Les plaqueminiers portant des fruits sur les pousses de l'année précédente, il convient de ne pas les tailler. Les gourmands qui poussent verticalement, ainsi que les branches anciennes et improductives, sont supprimés durant cette période. Il est indispensable d'utiliser du mastic à tailler pour couper les branches épaisses et de désinfecter les outils entre chaque intervention.

Comment propager les jeunes plants de plaqueminier ?

La méthode la plus courante et la plus fiable pour produire des plants de plaqueminier est le greffage. Les arbres issus de semis fructifient plus tard et la qualité des fruits reste incertaine ; c’est pourquoi la multiplication par semis est déconseillée en culture commerciale. En revanche, les plants greffés produisent généralement leurs premiers fruits 2 à 3 ans après la plantation, et les caractéristiques variétales sont pleinement préservées.

Le greffage se pratique en fin d'hiver, tandis que le greffage par écusson se fait en plein été. Le Diospyros lotus est le porte-greffe le plus couramment utilisé ; sa résistance au froid et aux sols calcaires le rend bien adapté aux conditions climatiques turques. Le Diospyros virginiana, quant à lui, est un porte-greffe vigoureux, préféré pour les régions plus froides.

La multiplication des plaqueminiers par bouturage est assez difficile. Même avec l'utilisation d'hormones de bouturage et un environnement chauffé, le taux de réussite reste faible. Par conséquent, confier la production de plants à des pépinières professionnelles est un choix plus judicieux, tant en termes de temps que de coût. Lors de l'achat de plants, privilégier les produits certifiés, testés pour les virus et présentant des points de greffage indiqués garantit un verger sain à long terme.